Un gestionnaire de copropriété qui gagne 55 000 € par an, bosse trois jours par semaine depuis chez lui, et passe le reste de son temps à répondre à des copropriétaires furieux sur une appli. Voilà ce que Matera vend sur sa page Welcome to the Jungle. Et franchement, ça intrigue.
J'ai passé des heures à décortiquer les annonces, les avis et la com' de cette boîte. Pas parce que je cherche un job. Parce qu'un ami a postulé chez eux l'an dernier et m'a raconté un process que je n'avais jamais vu ailleurs. Alors j'ai creusé. Voici ce que j'ai trouvé, et surtout ce que personne ne dit.
Points clés à retenir
- Matera est un syndic de copropriété "digital" fondé pour casser les codes du métier traditionnel.
- La page Welcome to the Jungle sert de vitrine employeur, pas de plateforme de contenu éditorial.
- Les salaires affichés tournent autour de 49-59K € pour un gestionnaire confirmé à Paris.
- Le télétravail est fréquent, mais pas total : les assemblées générales restent en présentiel.
- Le vrai sujet, c'est la promesse d'autonomie. Et la réalité du terrain.
- La culture d'entreprise est très marquée "startup", ce qui ne plaît pas à tout le monde.
Matera et Welcome to the Jungle : le lien qu'on ne vous explique jamais
Bon, mettons les choses au clair tout de suite. Beaucoup de gens tapent ces deux noms ensemble en pensant qu'il existe une collaboration éditoriale, un partenariat de marque, un contenu commun. Ce n'est pas le cas.
Welcome to the Jungle est un média et une plateforme d'emploi. Matera y a une page employeur : profil de boîte, valeurs affichées, photos de bureau, annonces de postes. C'est un canal de recrutement. Rien de plus. Pas de dossier de fond, pas d'enquête co-signée, pas de série d'articles. Juste une vitrine.
Pourquoi ça compte ? Parce que la façon dont une entreprise se présente sur ce genre de page en dit long sur ce qu'elle cherche. Et Matera cherche clairement un profil précis.
Pourquoi passer par Welcome to the Jungle plutôt que LinkedIn ?
La réponse est simple : c'est une question de cible. LinkedIn ratisse large. Welcome to the Jungle attire des candidats qui cherchent une culture d'entreprise, pas juste un poste. Des gens qui veulent savoir si les valeurs affichées tiennent la route une fois en poste.
Pour un syndic qui se bat contre l'image poussiéreuse du métier, c'est stratégique. Vous ne recrutez pas un gestionnaire de copropriété classique. Vous recrutez quelqu'un qui a envie de réinventer le truc.
Matera Italie ou Matera syndic : deux mondes à ne pas confondre
Première confusion à lever. Si vous tapez "Matera", vous tombez soit sur la ville italienne de Basilicate, soit sur la société française de gestion immobilière. Rien à voir.
Je le précise parce que je suis moi-même tombé dans le panneau. Je préparais un article sur les Pouilles quand je suis tombé sur trois annonces de recrutement complètement hors-sujet. Trois minutes perdues. Bref.
Matera, la ville italienne
Matera, en Italie, c'est cette ville troglodyte des Sassi, classée au patrimoine mondial. Elle n'a aucun lien avec le syndic français. Si vous cherchiez des infos touristiques, vous êtes au mauvais endroit.
Matera, le syndic nouvelle génération
La société Matera, elle, gère des copropriétés et de la location. Leur argument : un syndic qui fonctionne comme une scale-up. Application mobile, transparence sur les comptes, gestion des AG en ligne, prestataires sélectionnés et notés.
Sur le papier, ça coche des cases que les syndics traditionnels laissent vides depuis des décennies. Dans les faits ? Ça dépend à qui vous demandez.
Matera recrute : quels postes, quels profils, quels salaires
J'ai épluché les annonces actives. Voici ce qui ressort, sans filtre.
Le poste de gestionnaire de copropriété
C'est le cœur du réacteur chez Matera. Le gestionnaire gère un portefeuille d'immeubles, prépare les assemblées générales, suit les travaux, arbitre les litiges entre voisins. Bref, tout ce que personne n'a envie de faire.
Sauf qu'ici, une partie du boulot est automatisée. Les appels de fonds, les relances, la compta de base : c'est le logiciel qui s'en charge. Le gestionnaire se concentre sur la relation humaine et les décisions.
Les fourchettes affichées sur Paris tournent autour de 49 000 à 59 000 € brut annuel pour un profil confirmé. À Marseille, c'est plutôt 39 000 à 54 000 €. Ce sont des grilles larges, ce qui veut dire une chose : tout se joue à l'entretien.
Les autres métiers
Vous trouverez aussi des postes en gestion locative, en transaction, en tech (produit, data, ingénierie) et en support client. Matera se présente comme une entreprise technologique qui fait de l'immobilier, pas l'inverse. Ça change la façon dont les équipes sont organisées.
Ce qu'il faut retenir sur les postes
- Les salaires sont au-dessus du marché syndic classique, surtout à Paris.
- Le télétravail est fréquent mais pas systématique.
- Les profils tech sont recrutés parallèlement aux profils métier.
- La grille est large : négociez.
Le process de recrutement chez Matera : ce que mon ami m'a raconté
Il a postulé pour un poste de gestionnaire. Voici les étapes, telles qu'il me les a décrites.
| Étape | Durée | Format | Ce qu'ils évaluent |
|---|---|---|---|
| Échange RH | 30 min | Visio | Motivation, cohérence du parcours |
| Cas pratique | 1 h | À distance | Gestion d'un conflit de copropriété |
| Entretien manager | 1 h | Visio ou présentiel | Autonomie, résistance au stress |
| Rencontre équipe | 45 min | Présentiel | Fit culturel |
| Offre | 48 h max | — |
Le cas pratique l'a marqué. On lui a donné un scénario : un copropriétaire refuse de payer ses charges depuis huit mois, un autre menace de porter plainte, et le conseil syndical veut une AG extraordinaire. Il avait une heure pour proposer une stratégie.
Ce qu'il a apprécié : pas de test technique absurde, pas de questions pièges sur ses prétendues faiblesses. Ce qu'il a moins aimé : la rencontre avec l'équipe était en présentiel, à l'autre bout de la France, sans remboursement du train. Détail. Mais ça compte.
Ce qui fait vraiment la différence en entretien
D'après son retour, deux choses pèsent lourd :
- Votre capacité à dire non à un copropriétaire sans perdre le contact.
- Votre aisance à parler de vos erreurs passées sans vous justifier.
Étonnamment, le second point a été plus discriminant que le premier. Le recruteur l'a relancé trois fois sur une erreur qu'il avait mentionnée. Pas pour l'enfoncer. Pour voir s'il assumait.
Matera avis et Glassdoor : que disent vraiment les salariés
Franchement, j'ai lu une bonne trentaine d'avis. Et le tableau est plus nuancé que ce que la page employeur laisse croire.
Ce qui revient en positif
L'autonomie, la flexibilité, la qualité des outils internes, la rapidité des décisions. Plusieurs avis mentionnent une vraie marge de manœuvre sur la façon de gérer son portefeuille. Ce n'est pas rien dans un métier historiquement très hiérarchisé.
Ce qui revient en négatif
La charge de travail. Le rythme. Et parfois un décalage entre les valeurs affichées et le quotidien. Un ancien salarié résume : "L'ambition est réelle, mais elle se paie en heures."
Autre point récurrent : les copropriétaires restent des copropriétaires. Le logiciel ne change pas la nature humaine. Vous aurez toujours des gens qui contestent une facture de 12 € de produits d'entretien en AG.
Comment postuler, et à quoi s'attendre ensuite
La candidature passe par Welcome to the Jungle ou directement via la page carrières. CV, lettre courte. Ils ne lisent pas les pavés. D'après ce que j'ai vu, les réponses arrivent en une à deux semaines, ce qui est correct dans le secteur.
Préparez-vous à parler de situations concrètes. Pas de théorie. Pas de "je suis quelqu'un de rigoureux". Des exemples. Nommés. Datés.
Pourquoi tout ça compte au-delà du recrutement
Matera n'est pas la première boîte à vouloir dépoussiérer le syndic. Mais elle est l'une des rares à le faire avec une vraie couche technologique et une communication employeur assumée. Que vous soyez candidat ou copropriétaire, ça vous concerne.
Si vous candidatez, sachez ce que vous achetez. Ce n'est pas un poste tranquille dans un cabinet familial. C'est une boîte qui bouge vite, qui recrute beaucoup, et qui attend de vous que vous teniez la barre sans qu'on vous tienne la main.
Une dernière chose. Mon ami a été pris. Il a refusé. Pas par manque d'envie. Parce qu'il a réalisé, pendant l'entretien final, que la promesse d'autonomie impliquait une solitude qu'il n'avait pas anticipée. Il gère aujourd'hui un portefeuille pour un syndic traditionnel, gagne moins, et dort mieux.
Faites-en ce que vous voulez.